
Compte tenu de la démarche publique du Dr Berthier, Poitiers en Commun tient à faire connaître la réponse que Bertrand Geay lui a adressée, aujourd’hui même :
Cher docteur Berthier,
J’ai bien reçu votre longue lettre. Nous l’avons lue attentivement.
Nos relations avec les quartiers les plus atteints par le trafic de drogue sont multiples. Nous sommes en contact avec de nombreux médecins, psychologues et équipes de la prévention spécialisée ainsi qu’avec les associations qui sont auto-organisées et font vivre ces quartiers. Nous nous sommes à de nombreuses reprises exprimés sur la question (renforcement de la police judiciaire, police de proximité, médiateurs, politique de prévention, revitalisation des quartiers).
Je suis très intéressé par toutes les recommandations et l’expérience que vous pourrez nous apporter sur ce sujet important.
Permettez-moi maintenant de m’interroger sur le statut de votre lettre. C’est une lettre adressée aux candidats et candidates aux municipales, en même temps qu’à la presse. Un point me semble problématique dans votre texte. Vous parlez d’une personne dont vous dites qu’elle aurait droit à la rédemption mais dont vous rappelez le passé de trafiquant de drogue ayant effectué une peine de prison pour cela. Vous l’accusez, de fait publiquement : « responsable de haut niveau » des Hlm et candidat très bien placé aux Municipales, il est ainsi quasi nommé et la presse l’a clairement identifié. Les responsables de la liste Poitiers collectif vous répondront, nous ne sommes pas concernés par cette interpellation publique. Mais nous nous
interrogeons sur le procédé et sur le caractère tardif de cette interpellation.
Concernant le groupe de pédiatres du Gega, concernant votre activité de clinicien avec des collégiennes devenues toxicomanes, avec des jeunes mères ex-toxicomanes, votre information est précieuse. La publication scientifique que vous signalez méritera notre attention. Vous n’ignorez pas mon attachement à la démarche scientifique, ayant moi même été pendant 15 ans directeur adjoint d’une unité mixte de l’INSERM et de l’INED.
Pour ce qui est de votre passé de conseiller municipal, il constitue indéniablement une source d’expériences très utile. Mais vous conviendrez avec nous que tout ce qui a été mis en œuvre n’a pas permis d’enrayer l’extension du trafic de drogues.
Je souhaite répondre à des passages polémiques de votre lettre. Car à moi aussi ces questions tiennent à cœur, ne doutez pas de notre compassion pour ces jeunes filles et jeunes femmes en grande souffrance. Peut-être n’avons-nous aucune de ces personnes sur notre liste. Nous l’ignorons car bien sûr nous n’interrogeons pas les candidats et candidates sur leurs antécédents médicaux.
Nous sommes donc intéressés par une rencontre. Mais il nous faudra en préciser le cadre.
Nous ne discuterons pas de ces sujets avec les membres des deux listes d’extrême droite.
Nous aimerions en particulier parler avec vous de nos propositions en matière de prévention, et notamment de notre projet de développer des centres de santé publics.
En vous assurant de notre engagement pour les politiques publiques de santé, je vous prie de recevoir, au nom de la liste Poitiers en Commun, nos meilleures salutations.
Bertrand Geay